Fansten Maïa

Sociologue, maîtresse de conférences Université Paris Cité

Contact : maia.fansten(at)u-paris.fr

Présentation

En continuité́ avec mes travaux antérieurs sur la psychanalyse française, je poursuis une réflexion en sociologie de la santé mentale en interrogeant à la fois les normes, les processus de qualification et d’appropriations des troubles, les parcours sous diagnostic ou d’errance diagnostique du point de vue des personnes concernées et de leur entourage, les pratiques professionnelles, les configurations d'acteurs et d’institutions. Je m’intéresse en particulier à la façon dont les « troubles » sont vécus, exprimés et inscrits dans des parcours individuels et familiaux et à la façon dont la notion de souffrance psychique imprime la perception et le traitement des problèmes sociaux.

Depuis plusieurs années, mes intérêts de recherche portent sur des objets dont l’identification et la caractérisation fait discussion, entre problème sociétés et question de santé mentale, entre approches « psy » et analyses par les sciences sociales.

C’est le cas du phénomène dit « hikikomori » : ces nouvelles formes de de retrait social des jeunes, désinvestis et reclus pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Dans le cadre d'un projet collectif et interdisciplinaire, nous avons, à partir du cas exemplaire des « hikikomori » au Japon, examiné de façon comparative la façon dont sont perçus, nommés et pris en charge les "retirants sociaux" en France, au Japon et en Italie, et cherché à comprendre les dynamiques collectives qui entrent en jeu et engagent des réflexions sur la famille, l’école, le soin, les technologies numériques, la construction de soi à l’ère de l’autonomie.

Je participe également à l'étude collective sur les enfants réputés agités, centrée sur les parcours d'enfants désignés comme agités et/ou inattentifs et de leur famille. Elle cherche à restituer les dynamiques complexes articulant les territoires, les familles, les mondes du soin et de l’école dans des contextes culturels, intellectuels, institutionnels et politiques variés (France, Chili, Brésil).

Dans les deux cas, la démarche est comparative et pluridisciplinaire, associant sociologues, anthropologues, psychologues, psychiatres et psychanalystes. Je participe dans cet esprit au réseau international nonconformes. Outre la poursuite de ces collaborations vers de nouveaux axes (la question du genre dans les troubles des enfants et des jeunes, par exemple), je développe actuellement un nouveau projet de recherche sur l’éco-anxiété, le succès de cette qualification et ses usages sociaux. Il s’agit à la fois d’interroger la place sociale d’une émotion devenue subitement particulièrement visible, en étudiant la façon dont cette catégorie est mobilisée dans l’espace public et la discussion scientifique ; et également d’éclairer les sens, les expériences et les usages de cette qualification en enquêtant sur des jeunes qui se disent éco-anxieux et leurs entourages (fratries, parents, grands-parents), interrogeant ainsi les variations sociales dans l’appropriation, l’usage et les effets de l’éco-anxiété.

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